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Rendez-vous est donné demain à Bordeaux par l'ensemble de la fillière du massif forestier des Landes de Gascogne
Les revendications d'une filière meurtrie Les forestiers attendent des aides pour reconstituer au plus vite la forêt décimée le 24 janvier dernier par Klaus. (photo David le
déodic)
« Ce qui est primordial c'est de se mobiliser », lançait Christian Pinaudau,
directeur du SSSO (1) aux responsables de groupements forestiers, délégués syndicaux ou représentants de la filière bois en Aquitaine qui s'étaient réunis à Moustey pour les derniers préparatifs
avant la manifestation de demain à Bordeaux. Rendez-vous pris dès 9 heures aux Quinconces, qui servira également de parking réservé pour les manifestants, avant que le cortège ne s'élance des
allées de Tourny.
Christian Pinaudau s'attend à une forte mobilisation avec pour le moins 3 000 personnes, chiffre plancher transmis aux services de police. Un cortège encadré par des engins forestiers, quelques animations avec un groupe d'échassiers et surtout il est demandé aux manifestants de se munir d'un pousse ou d'une branche de pin pour bien rappeler les lourdes conséquences des dégâts causés par Klaus le 24 janvier dernier sur le massif des Landes de Gascogne.
Des sylviculteurs, des employés d'entreprises du secteur, pour que l'ensemble des acteurs de la filière bois se rendent visibles. Et aussi de nombreux élus seront présents pour défendre les intérêts d'une filière qui compte 34 000 emplois directs, autant que l'industrie automobile.
Revendications
Avec plus de 40 millions de m³ de bois à terre, soit six années de production, 230 000 hectares touchés à plus de 40 % (le quart du massif) qu'il faudra replanter, l'Etat a proposé une enveloppe de 415 millions d'euros pour nettoyer et reboiser la forêt, fondant son calcul sur une base de 150 000 hectares touchés à plus de 60 %. « Un montant insuffisant, on réclame 630 000 millions d'euros. Avec la surface des boisements touchés par la tempête, ce sont les principaux points de désaccord avec l'Etat » soulignait Christian Pinaudau. Il existe d'autres revendications portées par les acteurs de la filière comme la réforme de l'assurance forestière ou la reconnaissance du Comité interprofessionnel du pin maritime (CIPM).
En effet, les sylviculteurs aquitains voudraient que les cotisations volontaires obligatoires pour financer le comité France bois forêt restent au niveau de la région, pour que cet outil financier soit à disposition de l'ensemble des acteurs locaux de la production et de la transformation, afin de laisser le massif aquitain se prendre seul en charge.
Pour les délégués présents à Moustey, le sentiment le mieux partagé était que l'État n'a pas pris conscience de l'ampleur de la catastrophe. Et beaucoup soulignaient que parmi les mesures annoncées aucune n'était à ce jour opérationnelle. C'est l'objet d'une lettre ouverte de Jean-Louis Martres, président du SSSO adressée au président de la République.
Mobilisation
Chacun fait le point de la mobilisation et des moyens mis en oeuvre. En Médoc, Sud Gironde, Haute Lande, Pays Montois, Sud Adour, des transports en bus et des rendez-vous pour assurer un service de co-voiturage ont été mis en place. Patrick Schocké, responsable de la Cafsa à Sabres assure de la mobilisation du personnel de la coopérative forestière qui emploie 300 personnes. Ainsi que dans les autres entreprises de la filière. Pour Christian Pinaudau « cette manifestation ne sera qu'une première salve si nous ne sommes pas entendus. Et pour beaucoup d'acteurs de la filière, particulièrement touchés et motivés, cette tempête est celle de trop. Elle révèle surtout l'absence d'une véritable politique forestière ».
D'autres actions plus percutantes seront envisagées, vraisemblablement durant la période estivale, si l'état n'entend pas demain la voix de la filière bois en Aquitaine.
Les maires mobilisés
L'Association des communes forestières landaises, qui organise un circuit en bus pour rallier Bordeaux, s'associe également avec le monde forestier pour appeler à manifester. « Nous attendons que les aides budgétaires annoncées pour la reconstitution des forêts arrivent, dit le président Pierre Darmanté, et surtout en espérant que les enveloppes soient suffisantes. Nous avons de plus des attentes au niveau des dégâts occasionnés aux routes communales et intercommunales par les convois de camions, et espéront recevoir des aides pour réparer ».
De manière générale, le président Darmanté demande «que la forêt retrouve une véritable place dans la politique publique de la nation, car elle constitue un tiers du territoire national. Nous voulons également qu'on arrête de ne la considérer que comme une usine à bois, mais que l'on tienne compte également de ses fonctions sociales et environnementales, qui sont aussi à rémunérer.»
(1) Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest.










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